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Enduits

Dosage mortier chaux et sable : le calculateur des proportions

· 3 septembre 2026 · 29 min

Dosage mortier chaux et sable : le calculateur des proportions

Mis à jour le 3 septembre 2026

Sommaire

Un mortier de chaux n’a rien d’universel : son dosage change du tout au tout selon qu’il sert à monter un mur, à enduire une façade ou à réaliser un simple joint. La proportion entre la chaux et le sable détermine la résistance, la souplesse et la durabilité de l’ouvrage, si bien qu’un mauvais rapport peut compromettre un enduit entier. Avant de gâcher le moindre seau, il vaut mieux comprendre à quoi correspond chaque proportion et pourquoi elle varie autant d’un usage à l’autre.

En bref : les proportions de mortier chaux et sable se raisonnent en volume et non en poids, et elles changent à chaque couche. Sur une maçonnerie ancienne en pierre, avec une chaux hydraulique naturelle NHL 3,5, le fabricant donne 1 volume de chaux pour 1,5 volume de sable au gobetis, 1 pour 2 à 2,5 au corps d’enduit, 1 pour 2,5 à 3 en finition grattée et 1 pour 3 à 3,5 en finition talochée. Un sac de 25 kg vaut 3,5 seaux de 10 litres : c’est cette équivalence, imprimée sur le sac, qui permet de passer d’un rapport à un nombre de sacs.

Comment le calculateur donne-t-il les quantités ?

Il demande le support, la chaux, la surface et l’épaisseur de chaque couche, puis il rend le rapport de mélange en seaux, les kilos de chaux, le nombre de sacs, et le sable en litres, en seaux et en brouettes. À côté de son propre calcul, il affiche la consommation de chaux que le fabricant publie pour cette couche : les deux chiffres sont visibles en même temps, et l’écart entre eux est ce qui reste à trancher sur le chantier. Il refuse aussi les combinaisons que les fiches techniques interdisent, comme une NHL 5 sur du tuffeau, une chaux dure sur de la terre crue ou une finition grattée à la chaux aérienne en extérieur.

Calculateur de dosage chaux et sable

Les dosages viennent des fiches produit Saint-Astier et des DTMO du fabricant, sous NF DTU 26.1 pour les enduits et NF DTU 20.1 pour la maçonnerie. Chaque résultat affiche sa source.

Les couches à réaliser
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Un seau de maçon fait 10 litres, une brouette pleine à ras 60 litres. Les équivalences sac vers seaux sont celles imprimées sur les fiches produit Saint-Astier : 25 kg de NHL 2 valent 4 seaux, 25 kg de NHL 3,5 valent 3,5 seaux, 25 kg de NHL 5 valent 3 à 3,5 seaux, 20 kg de chaux aérienne CL 90 valent 4 seaux.

Quelle chaux utiliser avant même de parler de dosage ?

Le choix de la chaux précède celui du dosage, car les deux familles ne se comportent pas du tout de la même façon. La chaux aérienne (notée CL), obtenue à partir de calcaires durs, est blanche et sert plutôt aux enduits de finition, aux rejointoiements de pierre et aux badigeons; la chaux hydraulique naturelle (notée NHL), issue de calcaires argileux, est grise et convient mieux aux mortiers de maçonnerie et aux joints exposés.

Les chaux NHL se déclinent en plusieurs catégories numérotées 2, 3,5 et 5, ce chiffre correspondant à la résistance et à la dureté du mortier obtenu : la NHL 2 se réserve généralement aux enduits, tandis que les NHL 3,5 et 5 s’utilisent pour les travaux de maçonnerie qui demandent davantage de tenue. Il existe aussi la chaux HL, qui mélange chaux et ciment : ce type de liant ne doit surtout pas être associé à un autre liant hydraulique, tout comme certains ciments spécifiques, car ces produits sont conçus pour être employés purs.

Quelles proportions pour un enduit à la chaux en trois couches ?

Un enduit traditionnel sur mur de pierre, comme ceux que couvre la rubrique enduits à la chaux et à la terre, se compose de trois couches successives, chacune avec son propre dosage. La première, le gobetis (ou giclage), s’applique sur un support mouillé la veille et se dose à 1 volume de chaux pour 1,5 volume de sable 0/4 : c’est elle qui crée l’accroche du reste de l’enduit.

Le corps d’enduit, aussi appelé dégrossis, reçoit un mortier plus économe en liant, dosé à 1 volume de chaux pour 2 à 2,5 volumes de sable; il faut attendre qu’il sèche et prenne une couleur homogène avant de poursuivre. La couche de finition s’allège encore, et son dosage dépend du geste : 1 volume de chaux pour 2,5 à 3 volumes de sable si elle est grattée, brossée ou recoupée, 1 pour 3 à 3,5 avec un sable plus fin si elle est talochée, cinq millimètres au plus dans ce dernier cas. Elle peut être talochée pour respecter le relief du mur, ou graissée à la truelle avec une fine pâte de chaux, La finition grattée n’a pourtant rien d’interdit en chaux hydraulique : le fabricant lui consacre son propre dosage et sa propre consommation. La règle qui proscrit le grattage vise l’enduit à la chaux aérienne resserré à la truelle, dont le grattage détruirait la fine pellicule de calcaire de surface. Sur une maison ancienne, l’enduit n’arrive jamais en premier : il vient après le traitement de l’humidité et la reprise de la couverture, dans l’ordre dans lequel prendre les travaux. À noter aussi que sur un mur en terre, la logique s’inverse : la couche la plus tendre se place à l’intérieur, la plus dure à l’extérieur.

Comment doser un mortier pour maçonner des pierres ?

Pour un mortier à maçonner classique, le dosage courant est de 1 volume de chaux pour 2 à 2,5 volumes de sable sur une pierre dure, une brique ou un bloc béton, et de 1 pour 2,5 sur une pierre naturelle semi-tendre à tendre, un rapport proche de celui du corps d’enduit sur un mur en pierre. Mais ce chiffre n’est pas figé : plus l’appareillage des pierres est soigné et régulier, moins le mortier a besoin d’être riche en liant, et le mortier peut s’alléger, sans jamais descendre sous le seuil où la chaux ne comble plus les vides du sable ; une NHL 5, plus dure, monte à 1 pour 2,5 voire 3 sur une pierre tendre.

Pour donner un repère concret par sac, un dosage courant pour maçonner correspond à environ 1 sac de chaux de 25 kg pour 7 seaux de sable légèrement humide et 11 litres d’eau, sachant qu’une brouette pleine à ras contient 60 litres. Ces proportions restent des points de départ : le maçon expérimenté ajuste toujours à l’œil selon la plasticité du mélange.

Ouvrage Dosage en volumes Pour 1 sac de 25 kg de NHL 3,5 Chaux au mètre carré
Gobetis, 3 à 5 mm 1 de chaux pour 1,5 de sable 0/4 5 seaux 2,5 kg pour 5 mm
Corps d’enduit, 10 à 20 mm 1 pour 2 à 2,5, sable 0/4 7 à 9 seaux 3,5 à 5 kg pour 10 mm
Finition grattée, brossée ou recoupée, 5 à 7 mm 1 pour 2,5 à 3, sable 0/2 ou 0/4 9 à 10,5 seaux 2,5 à 3 kg pour 10 mm
Finition talochée, 5 mm au plus 1 pour 3 à 3,5, sable 0/2 10,5 à 12 seaux 1 à 1,5 kg pour 5 mm
Maçonner ou rejointoyer une pierre dure, une brique, un bloc 1 pour 2 à 2,5, sable 0/4 7 à 9 seaux selon le volume de joint
Maçonner ou rejointoyer une pierre semi-tendre à tendre 1 pour 2,5, sable 0/4 9 seaux selon le volume de joint

Les deux colonnes du milieu disent la même chose : un sac de 25 kg de NHL 3,5 occupe 3,5 seaux de 10 litres, un sac de NHL 2 en occupe 4, un sac de NHL 5 en occupe 3 à 3,5, et un sac de 20 kg de chaux aérienne CL 90 en occupe 4. Un tableau qui annonce un rapport d’un côté et un nombre de seaux de l’autre sans respecter cette équivalence se contredit lui-même.

L’eau ne figure pas dans ce tableau, et ce n’est pas un oubli : le fabricant refuse de la chiffrer, parce qu’elle dépend de l’humidité du sable et du dosage retenu. Le repère est un geste, pas un litrage. Serrez le mortier humide dans la main : il doit s’agglomérer sans laisser ressuer d’eau.

Quel dosage pour les joints, le béton et les badigeons de chaux ?

Un joint de pierre se dose comme un mortier de maçonnerie : 1 volume de chaux pour 2 à 2,5 volumes de sable sur pierre dure, 1 pour 2,5 sur pierre tendre. La tradition bretonne propose une variante plus maigre, 1 volume de chaux pour 4 volumes d’un mélange d’un tiers de terre argileuse locale et de deux tiers de sable lavé, le volume de chaux pouvant lui-même se composer de deux tiers de chaux aérienne et d’un tiers de chaux hydraulique sur une façade exposée. Un cas échappe à tout cela : en canal, en fontaine ou au contact de la mer, le fabricant impose la NHL 5 seule, à 1 volume pour 2 volumes de sable, gâchée avec très peu d’eau et compactée par passes de 3 à 4 cm, parce que la NHL 3,5 n’a pas les performances requises dans ces conditions.

Le béton de chaux se dose au poids de liant par volume de granulats, parce qu’il intègre du gravier en plus du sable. Le guide professionnel de la chaux hydraulique naturelle et le document de mise en œuvre du fabricant donnent le même chiffre : 350 à 400 kg de chaux NHL 5 par mètre cube de granulats tout-venant, soit un sac de 25 kg pour 6 à 6,5 seaux de 10 litres, avec environ 13 litres d’eau par sac. Le rendement se retient facilement : un mètre cube de béton en place demande 20 sacs et 1 250 litres de tout-venant, le vrac se tassant d’un quart à la mise en œuvre. L’épaisseur descend rarement sous 15 cm, se coule en couches de 10 cm au plus, et se découpe en dalles de 25 mètres carrés au maximum. Le ferraillage y est proscrit. La résistance visée est de 7 MPa à 28 jours et de 14 MPa à trois mois. Le badigeon, lui, se dose en eau et non en sable. Un badigeon fluide, qui s’applique en deux ou trois couches, se prépare à 1 volume de chaux pour 2 à 4 volumes d’eau ; un badigeon épais, en une ou deux couches, à 1 volume pour 0,8 à 1. On y ajoute dans les deux cas de la résine d’accrochage, 0,2 à 0,4 volume pour le fluide, 0,1 à 0,15 pour l’épais, qui limite le poudrage. Comptez 200 à 300 grammes de chaux au mètre carré pour un badigeon fluide, 120 à 240 pour un épais, et ne dépassez pas 25 % de terres naturelles ou 10 % d’oxydes en poids de liant sec si vous le colorez.

Le sable fait-il vraiment varier la quantité de chaux ?

Oui, et c’est souvent le sable, plus que la chaux elle-même, qui dicte le dosage final. Un sable non lavé, riche en fines (argiles et limons) et à la granulométrie régulière, comble déjà une partie des vides entre les grains : il demande donc moins de chaux qu’un sable lavé et propre, dont l’équivalent sable dépasse 90 % dans le commerce alors qu’un bon sable pour la chaux tourne plutôt autour de 75 %.

Faute de trouver un sable non lavé, on peut rééquilibrer un sable lavé en y ajoutant un peu de terre argileuse : cela réduit la quantité de chaux nécessaire, rapproche la couleur du mortier de celle du terroir et améliore sa cohésion. Mais un excès de fines a l’effet inverse : le mortier prend plus lentement, reste sensible à la pluie et au gel plus longtemps, perd en résistance mécanique et peut se fissurer en séchant (faïençage). Le taux d’humidité du sable compte aussi : plus il est humide, plus il foisonne, c’est-à-dire plus il occupe de volume pour une même masse, et plus il faut en ajouter pour conserver le même rapport avec la chaux.

Questions fréquentes

Pourquoi les dosages de chaux se donnent-ils en volume et non en poids ?

Parce que la densité de la chaux aérienne varie fortement, de 0,4 à 0,8 voire davantage selon sa qualité : un même poids ne correspond donc pas au même volume de liant, alors qu’un rapport volume à volume reste cohérent quelle que soit la chaux utilisée.

Peut-on se fier uniquement aux proportions indiquées sans faire d’essai ?

Non, les dosages restent des repères de départ : le sable disponible, son humidité et sa richesse en fines font varier la quantité de chaux réellement nécessaire, ce qui pousse les professionnels à ajuster de façon empirique et à tester un petit gâchage avant de lancer une quantité importante.

Que se passe-t-il si le mortier de chaux est gâché trop riche en chaux ?

Un mortier trop pauvre en sable, donc trop dosé en chaux, perd en régularité de prise et peut se fragiliser dans le temps; à l’inverse, un excès de fines dans le sable produit les mêmes désordres, avec une prise plus lente et un risque accru de faïençage.

Peut-on gratter la finition d’un enduit à la chaux ?

Oui sur un enduit à la chaux hydraulique : la finition grattée, brossée ou recoupée est une finition documentée, avec son dosage propre, 1 volume de chaux pour 2,5 à 3 volumes de sable. L’interdiction souvent citée vise un autre cas, l’enduit à la chaux aérienne resserré à la truelle et graissé, dont le grattage détruirait la fine pellicule de calcaire de surface qui le protège.

Sources

Sources consultées le 3 septembre 2026.

  1. Fiches produit Chaux pure blanche LC NHL 3,5, Chaux pure Tradi 100 NHL 5, Chaux Téréchaux NHL 2 et Décorchaux CL 90, Chaux de Saint-Astier, éditions 2024 à 2026. Ce sont elles qui donnent les dosages par couche, les consommations au mètre carré et l’équivalence entre le sac et le seau.
  2. Documents techniques de mise en œuvre de Saint-Astier : enduit sur pierre, badigeon à la chaux conforme au NF DTU 26.1 annexe B, béton en chape ou dalle du 11 juin 2026, rejointoiement en canaux et en milieu marin.
  3. Guide « La chaux hydraulique naturelle », France Ciment et Union de la maçonnerie et du gros œuvre, infociments.fr
  4. Les dosages de chaux, Tiez Breiz, tiez-breiz.bzh/fiches-techniques/les-dosages-de-chaux/
  5. Comment faire du mortier de chaux : dosage et gâchage, www.reno-info-maison.com

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