Bardage bois en pose verticale : quelles contraintes de fixation ?

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Bardage bois en pose verticale : quelles contraintes de fixation ?

Mis à jour le 3 septembre 2026

Sommaire

Une lame de bardage posée à la verticale n’obéit pas aux mêmes règles de fixation qu’une lame horizontale. L’ossature change de sens, l’eau ne s’évacue plus de la même façon en tête de lame, et le nombre de points d’accroche par mètre carré se calcule différemment. Ces différences ne sont pas un détail de chantier : elles conditionnent la tenue du bardage dans le temps.

En bref : la pose verticale d’un bardage bois impose une ossature secondaire posée à l’horizontale, généralement en double tasseautage, avec des tasseaux espacés d’au plus 65 cm selon le NF DTU 41.2. Les lames sont fixées en acier inoxydable sur chaque tasseau rencontré, et la tête des lames doit être traitée pour empêcher l’eau de stagner, un point qui ne se pose pas dans une pose horizontale classique.

Pourquoi la pose verticale change tout le sens de l’ossature ?

Un bardage vertical se fixe sur des tasseaux horizontaux, et non sur des tasseaux verticaux comme c’est le cas pour une pose horizontale. Cette inversion oblige à repenser entièrement le calepinage de l’ossature secondaire avant même de poser la première lame.

Sur un mur à ossature bois, on parle de double tasseautage : un premier lit de chevrons ou de tasseaux verticaux crée la lame d’air ventilée, puis un second lit, horizontal cette fois, reçoit directement les lames de bardage. Sans ce second lit, les lames verticales n’auraient tout simplement rien sur quoi s’appuyer à intervalles réguliers. Cette technique n’est pas propre à un fabricant : elle est décrite par le NF DTU 41.2, le texte de référence qui encadre les revêtements extérieurs en bois.

Cette contrainte a un coût concret : davantage de bois d’ossature, davantage de temps de pose, et un calepinage à préparer en amont pour que les jonctions de lames tombent toujours sur un tasseau plein.

Quel entraxe respecter entre les tasseaux horizontaux ?

Le NF DTU 41.2 fixe un entraxe maximal de 65 cm entre les tasseaux horizontaux pour une pose verticale en double tasseautage. Au-delà, les lames ne sont plus suffisamment soutenues et risquent de se déformer sous leur propre poids ou sous l’effet du vent.

Ce chiffre n’est cependant pas figé pour tous les supports. Sur une paroi maçonnée ou en béton, l’ossature repose sur des chevrons fixés à l’aide de pattes équerres, et l’entraxe de ces chevrons est limité à 40 ou 65 cm selon la solution technique retenue. Les pattes équerres elles-mêmes doivent être au nombre de trois minimum par chevron, alignées verticalement, avec un entraxe usuel de 1,35 m, la petite aile contre la structure porteuse et la grande aile contre le chevron. Elles alternent de part et d’autre du chevron, sauf en rive de bâtiment où leur nombre doit être augmenté.

Sur ossature bois, les tasseaux horizontaux sont eux-mêmes fixés par pointes ou par agrafes, ces dernières étant réservées aux bâtiments de type R+1. Dans tous les cas, la pénétration de la fixation dans le bois de l’ossature doit atteindre au moins 3 cm, faute de quoi l’accroche ne résiste pas dans la durée.

Type de support Ossature utilisée Entraxe maximal Fixation de l’ossature
Maçonnerie ou béton Chevrons posés sur pattes équerres 40 ou 65 cm selon la solution Chevilles adaptées, pattes espacées d’environ 1,35 m
Ossature bois (mur à ossature bois) Double tasseautage, tasseaux horizontaux 65 cm maximum Pointes ou agrafes (R+1 uniquement), pénétration ≥ 3 cm

Le NF DTU 41.2 tolère par ailleurs un léger porte-à-faux des chevrons et tasseaux : jusqu’à 10 cm quand l’entraxe est de 65 cm, jusqu’à 15 cm quand il est de 40 cm. Le défaut de planéité générale du réseau de chevrons, lui, ne doit jamais dépasser 3 mm en tout point.

Comment fixer les lames verticales selon leur profil ?

Une lame verticale se fixe sur chaque tasseau horizontal qu’elle croise, ce qui multiplie les points de fixation par rapport à une pose horizontale où les fixations se concentrent sur les tasseaux verticaux. Le mode d’accroche dépend ensuite du profil de la lame : planche et frise à recouvrement, lame à rainure et languette, ou lame en mi-bois avec chanfrein n’exigent pas exactement le même schéma de pose.

Le recouvrement ou l’emboîtement entre deux lames obéit à des seuils précis. Pour une largeur de lame inférieure à 15 cm, le recouvrement doit représenter au minimum 10 % de la largeur hors tout, avec un plancher absolu de 10 mm. Entre 15 et 20 cm de largeur, il passe à 15 mm minimum, et ce même seuil de 15 mm s’applique aux lames en bois lamellé-collé de plus de 20 cm de large.

Les fixations elles-mêmes doivent être en acier inoxydable, sans exception, car une fixation qui rouille finit par tacher le bois et par perdre sa tenue mécanique. Leur dimension et leur profondeur de pénétration varient selon la hauteur du bâtiment fini, la zone de vent et la rugosité du site : un bardage posé en zone de vent forte sur un immeuble de plusieurs niveaux demande des fixations plus robustes qu’une maison individuelle abritée. Un détail technique mérite d’être connu avant chantier : la tête des fixations ne doit jamais dépasser 1 mm au-dessus du parement, sous peine de créer un point d’accroche pour l’eau et la salissure.

Comment éviter que l’eau ne stagne en tête de lame verticale ?

Une lame posée à la verticale expose une extrémité haute plate à la pluie qui ruisselle le long du bardage. Sans traitement particulier, l’eau s’y accumule au lieu de s’écouler, ce qui accélère le vieillissement du bois à cet endroit précis.

La réponse consiste à biseauter le haut de chaque lame pour orienter l’eau vers l’avant plutôt que de la laisser reposer à plat. Ce geste, propre à la pose verticale, n’a pas d’équivalent en pose horizontale où ce sont plutôt des profils de lames drainants qui gèrent l’écoulement. En cas d’arrêt vertical du bardage nécessitant une recoupe longitudinale du dernier clin, et si cette coupe fait perdre son talon d’appui à la lame, des cales issues des chutes de découpe doivent être placées au dos du clin, au droit de chaque fixation, pour maintenir l’aplomb du parement.

La lame d’air ventilée, présente derrière l’ossature, doit conserver une épaisseur minimale de 2 cm, avec une entrée d’air en partie basse et une sortie en partie haute de section suffisante. Ces ouvertures basses et hautes sont aussi le point d’entrée classique des rongeurs et petits animaux : des grilles anti-rongeurs y sont posées pour fermer le passage sans bloquer la ventilation.

Les lames obliques et les bardeaux suivent-ils les mêmes règles ?

Un bardage n’est pas toujours posé strictement à la verticale ou à l’horizontale : la pose oblique existe aussi, et ses règles de fixation dépendent de l’angle choisi. Quand les lames forment un angle inférieur à 45 degrés, leur mise en œuvre se rapproche de celle d’un bardage horizontal; au-delà de 45 degrés, elle rejoint les principes de la pose verticale. La disposition oblique repose en pratique sur un lattage adapté à cet angle, distinct de l’ossature classique.

Les bardeaux obéissent à une logique encore différente : ils se posent toujours avec le fil du bois orienté verticalement, par double recouvrement sur support discontinu. Les joints verticaux, larges de 6 à 9 mm, doivent être décalés d’au moins 4 cm d’un rang à l’autre et ne jamais s’aligner sur trois rangs successifs. Chaque bardeau reçoit au minimum deux pointes, enfoncées à 4 cm au-dessus de la ligne de pureau et à 2 cm de chaque bord; au-delà de 20 cm de largeur, une troisième pointe s’ajoute entre les deux premières.

Les bardages en panneaux à base de bois, souvent posés en grands formats verticaux, demandent quant à eux un appui d’au moins 35 mm en partie courante et 60 mm à la jonction de deux panneaux, avec des fixations espacées au plus tous les 3 cm et jamais à moins de 1 cm du bord. Un jeu de 1,5 mm par mètre doit être laissé entre panneaux, et les joints verticaux, limités à 8 mm, sont soit laissés creux avec une protection en EPDM, soit garnis d’un couvre-joint.

Quelle essence et quel traitement pour tenir dans la durée ?

Le choix de l’essence influence directement la fréquence des fixations et la durée de vie du bardage vertical, exposé plus directement au ruissellement que le bardage horizontal. Le mélèze et le douglas, très employés en pose apparente, doivent être purgés d’aubier en parement ou bénéficier d’un traitement de préservation de classe 3, faute de quoi la partie tendre du bois se dégrade au contact répété de l’eau.

Le taux d’humidité du bois au moment de la pose compte aussi : il est préférable de mettre en œuvre des lames dont l’humidité se rapproche déjà de celle d’équilibre du site du chantier, sous peine de voir le bois travailler et desserrer ses fixations une fois posé. Certaines essences imputrescibles comme le cèdre rouge, ou des bois thermo-traités à l’autoclave, réduisent ce risque mais demandent une vérification du classement au feu du produit fini, notamment pour les bois rétifiés à haute température qui gagnent en stabilité mais peuvent perdre en réaction au feu.

Questions fréquentes

Peut-on poser un bardage vertical sans double tasseautage ?

Le double tasseautage est la solution décrite pour la pose verticale en lame d’air ventilée, car il permet de créer un support horizontal continu perpendiculaire au sens des lames. En dehors de ce montage, l’ossature ne présente pas suffisamment de points d’appui réguliers pour respecter l’entraxe maximal fixé pour ce type de pose.

Combien de fixations faut-il par lame verticale ?

Le nombre dépend directement de l’entraxe des tasseaux : une lame croise un tasseau horizontal tous les 65 cm au maximum, et reçoit une fixation à chacun de ces points de croisement. Sur une lame de plusieurs mètres de haut, cela représente donc plusieurs fixations réparties sur toute la longueur, contrairement à une lame horizontale fixée sur un nombre plus restreint de tasseaux verticaux.

Faut-il des fixations différentes en zone de vent fort ?

Oui : la dimension et la profondeur de pénétration des fixations des lames dépendent de la hauteur du bâtiment fini, de la zone de vent et de la rugosité du site selon le NF DTU 41.2. Un bardage vertical exposé en hauteur ou en zone très ventée demande des fixations renforcées par rapport à une même pose abritée en rez-de-chaussée.

Le biseautage du haut des lames est-il obligatoire ?

Ce n’est pas une obligation normative chiffrée, mais une précaution nécessaire pour éviter que l’eau ne stagne sur l’extrémité plate d’une lame verticale. En pratique, l’omettre expose le haut des lames à un vieillissement plus rapide que le reste du parement.

Sources

Sources consultées le 3 septembre 2026.

  1. Bardages bois, une offre diversifiée pour les façades Solutions, www.batirama.com/article/16555-bardages-bois-une-offre-diversifiee-pour-les-facades.html
  2. NF DTU 41.2 – Revêtements extérieurs en bois DTU 41 – Bardages, www.batirama.com/article/2233-nf-dtu-41.2-revetements-exterieurs-en-bois.html